Informations concernant l’injonction à l’université de Montréal

Bonjour à toutes et à tous,
     une nouvelle semaine de grève est sur le point de commencer alors que le rapport de force qui oppose le mouvement étudiant au gouvernement, aux rectorats d’universités et aux administrations de CEGEPs atteint un point extrêmement critique. En ce qui concerne l’université de Montréal, la direction poursuit ses manoeuvres d’intimidation en participant à la judiciarisation du conflit étudiant. En effet, comme vous savez, à sa demande, une injonction a été émise le 11 avril par la cours supérieure du Québec contre les associations étudiantes de l’université de Montréal. Nous tenons à rappeler que celle-ci ne concerne pas la grève en tant que telle, mais bien l’obstruction des accès aux bâtiments et des salles de classe de l’université de Montréal ainsi que l’intimidation des étudiant.e.s, professeur.e.s et chargé.e.s de cours qui pourraient éventuellement revendiquer l’accès à ces bâtiments et ces locaux.
     Autrement dit, notre grève se poursuit, et la légitimité de nos votes en assemblée générale continue à être reconnue. Ainsi, contrairement à ce que disent certains médias, les cours ne reprendront pas à l’université de Montréal ce lundi si nous continuons à faire du piquetage symbolique, sans « intimider » les étudiant.e.s et le personnel de l’université, et si nous continuons à refuser de nous présenter à nos cours. Aussi, contrairement à ce qu’affirme la direction de l’université de Montréal dans son dernier courriel, où il est dit que les professeur.e.s et chargé.e.s de cours devront donner leurs cours et leurs évaluations même si seulement 3 étudiant.e.s sont présent.e.s, les professeur.e.s pourront quand même continuer à évaluer eux-même de la pertinence de donner leurs cours si trop peu d’étudiant.e.s sont présent.e.s ou si les conditions favorables à l’enseignement ne sont pas réunies.
     En effet, c’est ce qu’on peut lire dans un communiqué émis par le syndicat général des professeurs et professeures de l’université de Montréal (que vous pouvez consulter à l’adresse suivante: http://sgpum.com/injonction-envers-les-etudiants-prolongation-du-trimestre-mesures-de-rattrapage-foire-aux-questions/). Le SGPUM y rappelle « que la liberté académique des professeurs, intégrée à la convention collective, fait en sorte que ces derniers sont les maîtres d’oeuvre pour toute décision de nature pédagogique sur leurs enseignements, incluant les modalités d’évaluation et les méthodes d’apprentissage. » Et à la question de savoir si les professeurs doivent enseigner si seulement une minorité d’étudiant.e.s se présentent en classe, il répond ainsi: « Le SGPUM déplore la judiciarisation du conflit. Si les conditions pédagogiques ne sont pas réunies, le professeur aura à évaluer la pertinence de donner son cours. » D’ailleurs les directives données par la direction ne concernent qu’un seul scénario possible de rattrapage des cours qui n’a pas du tout été discutée avec les syndicats des professeur.e.s et des chargé.e.s de cours: « Les professeurs du SGPUM doivent retenir qu’il s’agit là de scénarios et de possibilités de prolongation du trimestre jusqu’au 15 juin, car à l’heure actuelle, le trimestre n’est pas officiellement prolongé par la Commission des études. Cette instance doit se réunir le 24 avril prochain. » Et finalement, concernant l’éventualité d’une annulation de session, une dernière citation qui démontre bien que, dans le cas des universités, les choses ne sont pas aussi critiques que pour les CÉGEPs: « Contrairement à la situation des CEGEP, il n’existe aucune norme institutionnelle quant au nombre minimal de jours de cours requis pour la validation du trimestre. Le professeur peut proposer des modalités de rattrapage qui n’exigent pas la présence en classe des étudiants, et il peut proposer dans le plan de rattrapage un nombre de rencontres qui soit adapté aux circonstances de réalisation de la tâche professorale et dans la mesure où cela permet l’atteinte des objectifs du cours. »
      Autrement dit, il nous est encore tout à fait possible de poursuivre notre grève, d’autant plus que les professeur.e.s de plusieurs départements (littérature comparée et littératures de langue française notamment) ont voté, lors d’assemblées départementales, de dénoncer l’injonction et l’attitude de la direction. Ainsi, bien que toute personne contrevenant à ce qui est visé par l’injonction (c’est-à-dire seulement le piquetage dur qui bloque l’accès aux locaux et bâtiments, l’intimidation, les actions qui dérangent les activités de l’université ainsi que toute forme d’invitation à transgresser l’injonction) soit passible d’outrage au tribunal (les peines pour cela peuvent s’élever à de grosses amendes, voir à une condamnation à 1 ou 2 ans de prison, par où on voit que la judiciarisation de ce conflit a pour conséquence d’augmenter et d’individualiser les coûts de la protestation sociale, ce qui devrait plus que suffire pour nous inquiéter de l’état de notre « démocratie » et de nos droits de grève), il nous demeure possible de faire du piquetage symbolique et de continuer de demander aux étudiant.e.s de respecter le mandat de grève voté démocratiquement, d’autant plus que nous pouvons nous attendre à avoir l’appui des professeur.e.s et des chargé.e.s de cour.s, qui, face aux directives de l’université, peuvent toujours choisir de plutôt s’aligner sur celles données par leur syndicat.
      C’est pourquoi, après maintenant plus de 2 mois de grève, il nous sera particulièrement important d’être très assidu dans nos activités de grève cette semaine. Nous tacherons de faire en sorte que le local de l’association étudiante soit toujours ouvert pour que tous les étudiant.e.s qui voudront participer au piquetage symbolique puissent s’y réunir. Ce sera d’ailleurs un lieu propice pour parler des détails de l’injonction et des nombreuses activités que nous pouvons encore mettre en place légalement pour que la grève continue à être efficace. Il nous faut encore tenir! Ne perdons pas courage! Si nous continuons notre grève, le gouvernement sera obligé de plier à nos demandes et ne pourra plus se contenter d’afficher une pseudo-ouverture en proposant des mesures qui aggravent l’endettement étudiant. Si il y avait une semaine au cours de laquelle l’implication dans la grève est importante c’est bien celle à venir! En espérant que vous serez nombreux et nombreuses à répondre à l’appel!
Si vous avez des questions à propos de l’injonction n’hésitez à nous écrire!
Marc-André Saucier
pour l’AELCUM
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